Résultats du questionnaire

Je reviens après plusieurs mois d’absence, trop occupée par la rédaction du mémoire et du rapport d’activité professionnel, maintenant que j’ai tout remis ce weekend, je peux revenir ici vous présenter les résultats du questionnaire.

Un questionnaire anonyme a été envoyé à 187 doctorants, certains l’ont ensuite relayé sur des listes de diffusion, 38 personnes ont répondu. C’est un résultat très faible qui ne permet pas de tirer des conclusions pour l’ensemble des doctorants de l’établissement. Je vous propose tout de même une analyse des résultats.

profils des personnes

33 répondants sur 38 sont doctorants.  Ils sont  majoritairement archéologues avec 27 répondants puis anthropologues, ethnologues. Il faut préciser qu’un des deux répondants dans « Autre » a en fait précisé « histoire ». Il y a donc 4 répondants historiens, 2 répondants ethnomusicologues et un répondant qui a choisi « Autre » mais sans préciser de quelle discipline il s’agit.

profil_répondants

profils des personnes

La recherche documentaire

La section concernant la recherche documentaire nous informe de façon très utile sur les pratiques des répondants. A la question : « Utilisez-vous des bases bibliographiques pour vos recherches (Cairn Info, Persée, JStor, Biblio SHS, etc.). 28 répondants affirment les utiliser au moins une fois par semaine, 6 répondants au moins une fois par mois, et 2 rarement. Cela représente 36 répondants qui utilisent les bases de données bibliographiques. Le faible taux de réponse nous engage à ne pas tirer de conclusions hâtives. Nous pouvons tout de même constater que cet usage est courant même si les efforts de formations des SCD et des documentalistes doit se poursuivre car 2 répondants ne savent pas comment faire.

Les bibliothèques numériques et les E books

L’université Paris Ouest proposent une offre de E-books depuis un peu plus de 3 ans, les doctorants y ont accès  automatiquement s’ils se trouvent sur le campus. Les bibliothèques numériques parfois très spécialisées sont parfois mal connues des chercheurs, nous voulions savoir s’il en était de même chez les doctorants. Nous pouvons remarquer que seuls 5 doctorants ne font jamais de recherche dans des bibliothèques numériques. 33 répondants font leurs recherches documentaires dans des bibliothèques numériques. Ce résultat doit être nuancé car la majorité le fait rarement. Cet usage reste donc minoritaire.

La lecture de E-books est plus partagée 24 répondants sur 38 lisent des E-books pour leurs recherches entre une fois par semaine jusqu’à rarement. Cependant, 2 répondants ne les lisent pas parce qu’ils ne savent pas où les trouver alors que 6 déclarent qu’ils n’aiment pas la lecture numérique et 6 ne le font jamais. Près de 12 répondants ne lisent pas d’E-books pour leurs recherches. Cet usage est donc majoritaire mais pas répandu parmi les répondants, on peut même ajouter qu’il rencontre des résistances.

Les logiciels bibliographiques

L’usage de logiciels bibliographiques est majoritaire. 21 répondants utilisent Zotero, 6 utilisent Endnote, parmi les 9 répondants qui ont choisi la réponse « Autre », 1 répondant a précisé Mendeley. Précisons que 8 répondants utilisent FileMaker, un logiciel de base de données. Les archéologues utilisent FileMaker pour gérer leurs bases de données archéologiques, ils utilisent aussi ce logiciel pour gérer leurs bibliographies. Or, FileMaker ne permet pas de respecter les normes bibliographiques, cela demande donc un effort constant aux chercheurs pour concevoir leurs bibliographies. Notre service propose un accompagnement pour migrer les données bibliographiques sur Zotero qui permet une gestion bibliographique allégée et aux normes. Depuis 4 ans, seuls les chercheurs nous ont sollicités pour effectuer cette migration. Il serait possible de proposer ce service aux doctorants, peut-être faudrait-il le faire connaître plus largement et proposer un module de formation en ligne pour qu’ils puissent effectuer cette migration en autonomie.

Sentiment d’efficacité dans la recherche documentaire

La dernière question de cette section s’attache à mesurer le sentiment d’efficacité des répondants.

Echelle de Likert pour mesurer le sentiment d’efficacité des doctorants

Sentiment d’efficacité dans la recherche d’information

Sur une échelle de 1 (Pas du tout) à 5 (Tout à fait), seuls 4 répondants ne s’estiment pas efficaces dans leur recherche d’information. 5 répondants s’estiment tout à fait efficaces et 28 répondants s’estiment dans la moyenne.

La section 2 s’intéresse à la veille documentaire. La première question propose plusieurs outils de veille.

Les outils de veille utilisés

Les listes de diffusion sont les outils veille les plus utilisés

Nous avons proposé uniquement des moyens actifs de s’informer avec des outils qui nécessitent de s’inscrire (les listes de diffusion), de créer une alerte et d’agréger des flux rss. Les deux premiers moyens nécessitent d’être à l’aise dans la gestion de sa boîte emails. Agréger des flux rss demande de connaître la technologie de syndication de contenu, de savoir comment fonctionne un agrégateur, comment syndiquer des flux et où les trouver. Nous associerons ces manipulations à un utilisateur que nous considérons « averti ».

La majorité des répondants utilisent en premier lieu les listes de diffusion (25 répondants) puis des alertes par emails (20 répondants). 7 répondants utilisent un agrégateur de flux rss, ce qui est plutôt un bon résultat pour une population de répondants qui plébiscite les emails. 7 répondants ne savent pas utiliser ses outils ou bien ne savent pas quels outils ils utilisent. Le répondant qui répond « Autre » a précisé qu’il utilise Academia.edu. En effet, ce réseau social académique propose à ceux qui ont créé un compte de pouvoir suivre d’autres chercheurs et de recevoir des alertes par emails quand ils déposent de nouveaux documents.

Calenda : un outil de veille méconnu

La question suivante, avait pour objectif de savoir si les doctorants connaissent les outils gratuits proposés par le CNRS pour faire de la veille scientifique.

Connaissance et usage de Calenda

Calenda : peu connu et peu utilisé

Calenda est un calendrier qui rassemble les évènements scientifiques en Sciences Humaines et Sociales. Il a été conçu, en 2000, et il est maintenu par l’équipe du CNRS du Cléo-UMS 32-87. L’équipe du Cléo et son conseil scientifique assure la validité scientifique des évènements proposés par la communauté scientifique. Calenda publie principalement les annonces de colloques, les programmes de séminaires, les cycles de conférences, les bourses, les appels d’offres et les appels à contribution. Ce site Web riche d’informations scientifiques vérifiées et valides est pourtant peu connu puisque 27 répondants ne le connaissent pas et ne l’utilisent pas. Peut-être pourrions-nous filtrer les événements qui concernent la communauté scientifique de la MAE et proposer cette veille dans le cadre du dispositif de formation ou bien intégrer cet outil dans une formation sur les outils de veille scientifique.

La lecture de blogs de recherche est légèrement majoritaire
La lecture de blogs de chercheurs

La lecture de blogs est majoritaire

23 répondants sur 38 lisent des blogs de recherche. Le questionnaire tel qu’il a été conçu ne nous permet pas de creuser la question pour savoir ce qu’ils espèrent y trouver. Cette question nous permet de constater l’évolution d’un usage.

Accès informel à l’information

A la question « Diriez-vous que vous avez accès à l’information de façon informelle ? » permet d’obtenir des informations complémentaires par rapport à la question précédente sur les outils de veille qui propose uniquement des méthodes actives. Cette question ne propose que des méthodes passives d’accès à l’information. Avec l’affichage ou l’échange avec des collègues, l’information arrive à la personne par hasard et parce qu’elle a déjà un réseau bien constitué. La majorité des répondants estiment qu’ils ont accès à l’information de cette manière.

La majorité des répondants ont le sentiment d’avoir accès à l’information de façon informelle

l’affichage et les échanges entre collègues permettent de s’informer

La majorité des répondants s’estiment moyennement efficaces

La majorité des répondants s’estiment moyennement efficaces

Efficacité moyenne dans sa pratique de veille

Sur une échelle entre 1 (Pas du tout d’accord) et 5 (Tout à fait d’accord). 24 répondants répondent entre « D’accord » et « Plutôt d’accord ». Dans le même temps, 14 ne sont « Pas du tout d’accord » et « Pas d’accord ». Il semblerait que le besoin de formation à la veille soit nécessaire d’autant plus que personne ne s’estime « Tout à fait » efficace.

Les logiciels et les outils utilisés pour l’analyse de données

Nous allons maintenant nous intéresser à l’analyse de données, afin de savoir quels logiciels et quels outils sont utilisés pour quelles activités de recherche. Nous avons proposé plusieurs activités de recherche :

Traitement de l’image 27 répondants
Bases de données 25 répondants
Cartographie 23 répondants
Statistiques 17 répondants
Annotation 16 répondants
Fouille de texte (ou analyse de contenu) 15 répondants
Transcription 9 répondants
Traitement du son 7 répondants
3D 6 répondants
Autre (sans préciser) 1 répondant

Logiciels et outils classés par nombre de répondants

25 répondants qui ont choisi une ou plusieurs activités au dessus indiquent qu’ils utilisent des outils ou logiciels sur leur poste de travail. 8 répondants utilisent des logiciels en ligne. 5 répondants utilisent des outils ou des logiciels sans savoir s’ils sont en ligne ou pas. Ce qui dénote une connaissance imparfaite des outils. Les activités de recherche majoritaires sont celles des archéologues qui ont répondu plus largement au questionnaire. Il est donc logique que soit cité le traitement de l’image, les bases de données, la cartographie, les statistiques. Les activités d’annotation et de fouille de texte sont citées dans les mêmes proportions (16 et 15 répondants). Ces deux activités pourraient intéresser aussi bien les historiens, que les anthropologues, ethnologues, ethnomusicologues. Puis, viennent la transcription et le traitement du son (9 répondants et 7 répondants). Ces deux activités sont liées très souvent à l’analyse d’entretiens, à l’analyse d’une captation d’une performance musicale propres aux anthropologues, ethnologues, et ethnomusicologues. Enfin, 6 répondants utilisent la 3D. C’est un résultat plutôt élevé, certains laboratoires se sont saisis de la 3D mais c’est encore minoritaire pas uniquement par manque de formations mais aussi par manque d’équipements. En effet, l’USR de la MAE n’est, à l’heure actuelle, pas en mesure de proposer un équipement qui bénéficierait à l’ensemble des laboratoires. C’est donc à chaque laboratoire qu’il revient de s’équiper et de former ses doctorants. Nous constatons, que c’est déjà le cas pour certains.

La question suivante sous forme de champ libre permet aux répondants de préciser quels outils ils utilisent. Les outils suivants ont été cités :

Type d’outils/logiciels Noms Commentaires
Pour les bases de données Base Base est le logiciel de base de données de la suite libre Libre
Pour la cartographie Arcgis (logiciel SIG propriétaire), QGis (logiciel SIG libre)
Geoportail et OpenStreetMap : 2 portails de données géographiques Géoportail est un projet porté par le Ministère de l’environnement, il propose des données géographiques publiques et interopérables.

OpenStreetMap propose aussi des données géographiques libres mais c’est une initiative citoyenne. Le portail est enrichi grâce à des contributeurs bénévoles.

Pour les statistiques

 

PAST3 est un logiciel libre développé par le muséum d’histoire naturelle et l’université d’Oslo. PAST3 est un logiciel libre qui permet l’analyse spatiale, stratigraphique, la manipulation de données et les statistiques. Il est cité uniquement pour les statistiques mais il permet une grande variété d’analyse de données de terrain
Pour faire des recherches dans un document «La recherche dans Google Livres »

« La révision Word »

 

C’est deux fonctions permettent de faire des recherche d’occurrences. Ce ne sont pas formellement des outils d’analyse.
Pour la 3D Blender

 

Logiciel libre de modélisation et d’animation 3D.

Types et noms d’outils cités

Traitement des pdf  (fusion, section, etc.): aucun nom de logiciel cité. Nous ne considérons pas le traitement de pdf comme de l’analyse de données. Ce type de traitement est pourtant cité deux fois.

Résultats contrastés car les usages sont très variés, parfois très pointus lorsqu’il s’agit de la visualisation de données cartographiques et beaucoup plus conventionnel pour la recherche dans un document. Nous n’avons pas la possibilité de savoir quelles sont les pratiques d’analyse. Par exemple, que font les répondants qui recherchent des occurrences dans Word ? Que cherchent-ils ? Est-ce qu’ils font d’autres traitements ensuite ? Nous pouvons remarquer l’usage d’outils libres pour la 3D, les statistiques, la cartographie et les bases de données.

Sentiment d’aisance dans la manipulation des données
Mesure du sentiment d’aisance dans l’analyse, la diffusion, le partage, la publication des données

Sentiment d’aisance dans l’analyse, la diffusion, le partage, la publication des données

Nous voulions avec cette question, élargir le champs des possibilités autour des données et mesurer ce que les répondants ressentent vis-à-vis d’autres activités de recherche liées aux données comme la diffusion, par exemple, via des plates-formes telles que TELEMETA, le partage de données comme avec la plate-forme d’annotation collective ou individuelle ODSAS et la publication.

Il semblerait que les répondants soit à l’aise avec toutes les activités de recherche proposées. La diffusion, le partage et la publication de leurs données de recherche sont abordés avec la même aisance. L’analyse des données est l’activité qui leur semble la plus aisée.

Le format des données ne semble pas leur poser de difficultés puisque 26 répondants sur 38 se disent « familier » avec les différents formats.

Diffusion de la recherche sur le Web : HAL est délaissé au profit des pages personnelles

La section 5 revient sur la diffusion de la recherche avec 3 questions. « Est-ce que vos travaux sont déposés sur HAL ou HAL-SHS ? », « Avez-vous une page personnelle à jour ? » et « Faites-vous un effort conscient pour développer votre identité sur le Web ? ».

HAL, la plate-forme d’archives ouvertes créée par le CCSD (Centre pour la communication scientifique directe) du CNRS en 2001 permet de déposer, de sauvegarder de façon pérenne et de diffuser la production scientifique des chercheurs et doctorants. Depuis avril 2013, une convention de partenariat ente l’AMUE (Agence de mutualisation des universités et établissements), le CNRS et plus d’une vingtaine d’établissements supérieurs de recherche ont fait de HAL la plate-forme nationale d’archives ouvertes pour l’ensemble de la production scientifique française.

Les chercheurs sont fortement incités à déposer leurs articles dans HAL. Les doctorants ignorent vraisemblablement que cette incitation les concerne aussi car seuls 2 répondants déposent sur HAL, un parce qu’il est contraint par son institution et l’autre, et il est le seul, parce qu’il croit au libre accès et dépose le plus de travaux possibles. 23 répondants ne mettent pas leurs travaux sur HAL car ils sont sur Academia.edu ou un autre réseau social académique. 3 répondants refusent de le faire. 3 répondants ne savent pas le faire et 11 ne savent pas si leurs travaux sont sur HAL.

Ces résultats démontrent un déficit d’information concernant les objectifs de l’archive ouverte HAL, le mouvement de l’open access, le contrat de cessions de droits d’Academia.edu. Une entreprise privée qui se réserve le droit inaliénable de disposer de tout ce qui se trouvera sur la plate-forme mais qui par contre n’assumera aucune responsabilité juridique si un éditeur devait faire respecter ses droits d’édition. Certains répondants ignorent même s’il existe des documents dont ils sont les auteurs sur la plate-forme HAL. Il serait nécessaire d’informer les doctorants sur leurs droits d’auteurs, sur ce que sont les archives ouvertes, de les former au dépôt pour qu’ils puissent faire un choix raisonné quant à leur stratégie de diffusion de leur recherche. En effet, le pôle IST de l’INSHS du CNRS recommande de déposer les documents sur HAL pour assurer « la pérennité des données et le libre accès » et de partager le lien pérenne sur les réseaux sociaux.

Les pages personnelles : égalité entre la page du laboratoire et Académia.edu

Par contre, la majorité des doctorants ont une page personnelle sur le site de leur laboratoire (26 répondants). 26 répondants ont une page sur Academia.edu. Ce réseau est entré dans les usages de la communauté scientifique. On trouve 81 personnes sur Academia.edu avec un rattachement « Maison René-Ginouvès ». 2 répondants ont leur propre site web ou blog. Seul 3 répondants n’ont pas de page personnelle, 2 refusent et un répondant ne sait pas le faire.

Au vu des résultats, l’accompagnement pour la création d’une page personnelle ne doit pas être une priorité.

D’accord pour développer leur identité numérique mais encore des blocages

La dernière question de la section est plus générale, elle porte sur l’identité numérique des répondants sans présager du choix de l’outil, de la plate-forme ou du réseau.

Développer son identité numérique

D’accord pour développer son identité numérique mais avec de l’aide

Le « Oui » franc et massif est choisi par 4 répondants alors que le « Non, je ne vois pas l’utilité » est choisi par 12 répondants. Cependant, Certains ont conscience qu’il faut développer leur identité sur le Web mais se sentent « découragés par les aspects techniques », c’est le cas de 2 répondants ou bien par manque de temps, c’est le cas de 11 personnes. Remarquons par ailleurs que certains répondent « Non » parce qu’ils ne savent pas le faire. Il y a donc, malgré les 11 répondants qui n’en voient pas l’utilité, une majorité de personne qui souhaite développer leur identité numérique.

La préférence des personnes interrogées qui diffuse leurs travaux via une page personnelle sur le site du laboratoire ou sur un réseau social plutôt qu’un espace sur HAL illustre les propos de Louise Merzeau dans son intervention lors de la journée d’étude organisée par le CCSD et l’INSHS pour les 10 ans de HAL. Selon, la chercheuse en sciences de l’information, « l’archive ouverte est centrée sur le document, des chercheurs préféreraient qu’elle soit centrée autour du chercheur. C’est ce qu’on observe dans le numérique, ce n’est plus le document qui constitue le cœur d’un réseau mais une identité. » « Aujourd’hui, c’est l’identité qui sert de filtrage, de validation, de recommandation, de légitimation. ». Les chercheurs doivent maintenant se saisir de leur identité professionnelle sur le Web et nous devons les accompagner.

Se former

La dernière section, se former, tente de questionner le rapport des répondants au numérique au travers d’une série de questions : « Diriez-vous que vous connaissez toutes les potentialités de l’usage du numérique dans vos pratiques de recherche ? », « Pensez-vous que le numérique vous aide dans vos recherches ? »,  «Comment jugez-vous vos besoins de formation au numérique (savoirs théoriques sur le Web et outils) ? », «A quoi souhaiteriez-vous être formé en priorité ? », «Seriez-vous intéressé par une formation en ligne ? ».

26 répondants sur 38 estiment qu’ils connaissent les potentialités du numérique 11 ne sont « plutôt pas d’accord ».

Le numérique n’aide pas les pratiques de recherche

Nous sommes très surpris par les réponses de la question suivante.

Le numérique et les pratiques de recherche.png

Le numérique et les pratiques de recherche

En effet, s’il n’y a pas d’erreur, la majorité estime que le numérique ne les aident pas dans leurs pratiques de recherche. Pourtant, ils ont déclarés utiliser des outils, dont certains sont en ligne, pour traiter leurs données. Cela soulève plusieurs questions, qu’entendent-ils par pratiques de recherche ? Pensent-ils uniquement à la lecture et à l’écriture d’articles ? Peut-être que le terme « numérique » n’était pas suffisamment clair pour tout le monde ? Dans le même temps ils estiment leur besoin de formation au numérique élevé.

Besoins de formation jugés élevés
Evaluation du besoin de formation

Évaluation du besoin de formation

Puisque 32 répondants sur 38 évaluent leur besoin à 3, 4 et 5 sur 5. Peut-être qu’ils estiment qu’ils ont besoin de se former au numérique mais pas pour faire de la recherche. Nous ne pouvons que faire des suppositions, le questionnaire tel qu’il a été conçu et les réponses apportées ne nous permettent pas d’éclaircir ce paradoxe.

La priorité est donnée aux outils numériques

Priorités dans les souhaits de formation

Priorités dans les souhaits de formation

De plus, ils souhaitent en majorité être formés aux outils numériques, puis à la gestion de projet et enfin à des notions sur le numérique, les archives ouvertes, etc. Ces réponses sont à nuancer car nous avons proposé « Gestion de projet », « Outils numériques », « Notions sur le numérique, les archives ouvertes, etc. ». Ils avaient la possibilité de faire des propositions dans le champ libre de la réponse « Autre ». 2 personnes l’ont fait mais sans préciser les thèmes qu’ils souhaiteraient voir aborder en formation. Le choix des outils numériques n’est pas surprenant, c’est d’ailleurs les formations les plus communément proposées aux doctorants par les services TICE, les SCD et bon nombre de formations continues. Il faut écouter ce besoin de formation clairement exprimé. Cependant, nous partageons l’opinion de Olivier Le Deuff qui préconise de dépasser l’usage et de construire une compréhension des enjeux autour du numérique.

La toute dernière question avait pour but de mesurer leur adhésion à la formation à distance. Même si, le nomadisme des archéologues et des ethnologues plaident en faveur d’un dispositif de formation à distance, rien ne peut espérer être mis en place sans l’adhésion de la population cible à part, peut-être, un dispositif que personne n’utilisera.

Intérêt pour la formation à distance

Intérêt pour la formation à distance

Seuls 5 personnes ne sont pas intéressées par un tel dispositif. La majorité des personnes qui ont répondu au questionnaire y voit un intérêt.

Pour conclure, les personnes interrogées utilisent majoritairement les bases de données bibliographiques et un logiciel de gestion bibliographique. Pourtant, certains utilisent encore FileMaker souvent parce que c’est l’usage répandu dans leur entourage ou dans leur laboratoire et non parce que cet outil répond à leurs besoins de gestion bibliographique.

Concernant la veille, la pratique majoritaire est une veille via les listes de diffusion et les alertes. Sans changer totalement les pratiques qui consistent à recevoir sa veille dans sa boite email, peu de personnes ont tiré parti de la potentialité de la veille sur le Web. Seule une personne considère Academia.edu comme une source de veille. Nous pouvons supposer qu’il considère le site web pour la visibilité qu’il peut donner à leurs travaux de recherche et non comme une source de veille. Or, il est possible de faire de la veille sur Zotero, sur Twitter, sur Calenda, sur des sites institutionnels dont on peut surveiller la page. Il faudrait proposer un panorama de sources de veille potentielles et donner quelques clés méthodologiques pour qu’ils puissent mettre en place une veille sur le Web pertinente sans que cette activité soit chronophage.

Une formation autour de la diffusion devrait intégrer un volet sur les droits d’auteurs, sur le fonctionnement de l’édition scientifique et les enjeux autour du libre accès, de la voie verte, de la voie dorée. Il existe déjà énormément de documentation, de ressources produites par les tutelles. Il suffirait de les rassembler, de les structurer. Il faudrait aussi informer les doctorants, les sensibiliser aux archives ouvertes, les former au dépôt car dans un avenir proche ce dépôt sera obligatoire mais avant de les contraindre nous pouvons essayer de les convaincre aux vertus du libre accès en passant par la formation.

Pour terminer, les personnes interrogées semblent conscientes de leurs besoins de formation concernant les outils numériques malheureusement aucun n’a fait de proposition. Nous pourrions refaire des entretiens pour tenter d’en savoir plus sur les tendances observer dans les réponses obtenues grâce au questionnaire et proposer un nouveau questionnaire.  Il faudrait, de toute façon, proposer une version bêta du dispositif que nous soumettrions aux doctorants afin qu’ils puissent faire des retours et que les concepteurs puissent observer le dispositif en action.

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